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NFL à Paris : Une première historique aux accents américains

Ce dimanche 25 octobre, l'histoire de la NFL s'est écrite en France. Pour la toute première fois, la prestigieuse ligue de football américain posait ses valises à Paris, opposant les Saints de La Nouvelle-Orléans aux Steelers de Pittsburgh. L'ambition des États-Unis est claire : démocratiser le football américain, un sport encore trop peu connu dans l'Hexagone mais avec un marché connu pour ses fans passionnés, bruyants et qui répondent aux importations de sports (UFC, WWE, NBA etc…). 

 Pour LanimValues, j'étais sur place afin de prendre le pouls de cet événement hors norme et vous le faire vivre au mieux si vous n’y étiez pas.

NFL à Paris : Une première historique aux accents américains

Dès les abords du Stade de France, le dépaysement s'installe, à commencer par un protocole de sécurité calqué sur les standards américains. Portiques à détection magnétique et sacs transparents obligatoires tranchent avec les habitudes d’évènements traditionnels au Stade de France, reléguant le reste des affaires à la consigne pour la modique somme de 15 euros (aïe). Une fois ce filtre rigoureux passé, on bascule instantanément dans un autre monde. Le parvis bouillonne au rythme des traditions de La Nouvelle-Orléans. Entre les boutiques officielles prises d'assaut où il faut attendre une bonne heure pour avoir son maillot de Chris Olave ou une écharpe, et la musique entraînante, l'immersion est totale, poussée jusqu'à croiser par hasard Jason Kelce, illustre ancien centre des Eagles et frère de Travis Kelce, au milieu de la foule.

Si l'événement se voulait être une célébration pour le public français, la démographie des tribunes avait de quoi surprendre. Plutôt que de croiser une majorité de français passionnés ou curieux, le stade a été littéralement approprié par les fans américains. Les supporters de Pittsburgh, en particulier, ont massivement fait le déplacement, couplant cette affiche avec une visite touristique de la capitale. Pour les mettre dans les meilleures conditions, la NFL n'a pas lésiné sur les moyens : Cheerleaders et fanfare des Soul Rebels tout droit débarquée de Louisiane, et une ambiance fidèlement reproduite pour un public biberonné à la culture US. Ce qui a du leur faire bizarre, c’est les rares buvettes présentes dans le stade, prises d’assaut et à court de nourriture avant même le coup d’envoi… Pour un public qui à l’habitude de manger 2 à 3 fois dans le match, avec des trucks présents tous les 50m, la transition fût compliquée.

Le parvis du Stade de France aux couleurs des Saints.
Le parvis du Stade de France aux couleurs des Saints.

À 14h35, après les hymnes, le coup d'envoi est donné. Les fans de La Nouvelle-Orléans se lèvent alors comme un seul homme pour hurler leur cri de ralliement : "Who Dat, Who Dat, Who Dat think they gonna beat the Saints ? » (Qui pense qu’ils peuvent battre les Saints?). La réponse, ils l’ont eu sur le terrain. Dans une rencontre pauvre en occasions, les Steelers n'ont jamais été véritablement inquiétés, dictant le tempo d'un match maîtrisé par les homme d'Aaron Rodgers. Ce qu’on retiendra sportivement, c’est le big play de chaque côté (Shough pour Brown, menant à un touchdown, répondu dans la foulée avec une bombe de Rodgers pour Metcalf), l’interception subie par Shough dans un moment crucial, et le catch de Washington sur la tête de son défenseur.

Dans les gradins, la marée jaune des Steelers dominait largement. La ferveur des rencontres américaines s'est parfaitement exportée, notamment sur les troisièmes tentatives des Saints, rendues assourdissantes par des fans secouant frénétiquement leurs célèbres serviettes jaunes pour déstabiliser le quarterback Tyler Shough.

Pourtant, la relative faiblesse du spectacle sportif a vite été éclipsée par l'expérience globale proposée aux spectateurs. L'atmosphère est restée survoltée de bout en bout, rythmée par les tonitruants "Move dat chainz !" scandés à chaque première tentative réussie par les Saints et sublimée par un show musical et pyrotechnique de Burna Boy à la mi-temps. 

Conscient que le public français ne maîtrisait pas encore toutes les subtilités du jeu complexe qu’est le football américain, l'organisateur a bien utilisé les écrans géants pour expliquer les règles avant et pendant le match. 

Cette volonté de conquête du marché français s'est aussi traduite par une force de frappe médiatique inédite : le match était diffusé en clair sur France TV avec l'excellent Matthieu Lartot, sur La chaîne L'Équipe, sur beIN Sports pour les habitués, et même sur Twitch avec Domingo pour capter une audience plus jeune. 

Si le terrain n'a pas offert le match de l'année, l'opération séduction de la NFL est un succès absolu en matière de show et de communication. Le Stade de France s'est transformé, l'espace d'un après-midi, en véritable temple du football américain, ne laissant qu'un seul souhait aux fans présents : revoir la NFL à Paris l'année prochaine.

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