Faut-il vraiment fuir les running backs en fantasy ?
À chaque draft en fantasy, la même hésitation revient dès les premiers tours. Tu prends un running back ou un wide receiver ? C'est un choix qui peut peser sur toute ta saison, et c'est aussi là qu'un concept revient sans arrêt chez les analystes américains, la “dead zone”. L'idée tient en une phrase. Entre le 3e et le 6e tour d'une draft, les running backs ont historiquement moins rapporté que les wide receivers pris au même moment.

La dead zone, c'est quoi au juste
Il faut d'abord poser le décor. Sur les deux premiers tours d'une draft, running backs et wide receivers rendent à peu près la même chose, les meilleurs profils des deux postes se valent. C'est après que l'écart se creuse. Sur les tours 3 à 6, le scoring des wide receivers a longtemps grimpé au-dessus de celui des running backs pris au même endroit, et c'est précisément cette zone qu'on appelle la dead zone.
Attention au contresens, la dead zone ne veut pas dire qu'il faut fuir tous les running backs entre le 3e et le 6e tour. Elle décrit simplement une tendance, un endroit de la draft où le prix payé pour un running back a rarement été justifié.
Ce que montrent les chiffres
Les données qui suivent viennent d'une étude appuyée sur les ADP redraft de 2018 à 2025, fournies par FantasyPros, et sur les statistiques avancées qu’ils mettent à disposition sur leur site (le tout en half PPR).
Sur la période 2018 à 2022, la dead zone était bien réelle. Dans les tours 3 à 6, les wide receivers ont clairement dominé les running backs au scoring, avec un décrochage qui se formait presque pile au début du 3e tour.
Puis la tendance s'est inversée. Sur 2023 à 2025, l'écart a diminué pour presque s’effacer, et les running backs de cette tranche ont fini par égaler puis dépasser les wide receivers. Autrement dit, la dead zone a tout simplement disparu pendant trois ans.

Pourquoi elle a disparu
Deux facteurs ressortent des données et ils sont liés.
Le premier, ce sont les blessures. En s'appuyant sur un suivi de disponibilité des joueurs les mieux draftés, on voit que les wide receivers ont vécu deux saisons noires côté santé. Leur taux de présence est tombé à 81% en 2024 puis 79% en 2025, ses deux pires niveaux depuis 2015. Sur la même période, les running backs ont au contraire été particulièrement épargnés, à 83% en 2024 et 88% en 2025, parmi leurs meilleures années de disponibilité. Quand les meilleurs wide receivers manquent des matchs et que les running backs restent sur le terrain, la production bascule mécaniquement.
Le second facteur, c'est le prix. Entre 2023 et 2025, l'ADP des running backs s'est effondrée, donc tu récupérais ces profils de dead zone à bas coût, ce qui rend n'importe quel joueur plus rentable. Les données montrent une corrélation modérée entre le prix des running backs et l'ampleur de la dead zone, avec un r² autour de 0,46. Moins tu paies un running back, moins la dead zone te fait mal, plutôt logique après tout.
Et en 2026, elle revient ?
Les arguments pour un retour existent, étant donné que lee prix des running backs remonte nettement. L'ADP des 24 meilleurs running backs se rapproche de ses niveaux de 2022, et le nombre de running backs pris dans les trois premiers tours retrouve des valeurs qu'on n'avait plus vues depuis 2020 et 2021. Or historiquement, running backs chers rime avec dead zone présente si vous avez bien suivi. À cela s'ajoute l'argument des blessures, où 2024 et 2025 ressemblent à deux années aberrantes pour les wide receivers, qui ont de bonnes chances de revenir vers la norme, ce qui repousserait le scoring en faveur des wide receivers.
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